Réaction immunitaire, de quoi s’agit-il ?

Une des hypothèses visant à expliquer la pathophysiologie des symptômes persistants post-COVID est une dérégulation de la réaction immunitaire face au virus avec potentiellement des auto-anticorps jusque-là peu définis par la littérature. Cette hypothèse pourrait expliquer une amélioration des symptômes post-vaccination chez une proportion des personnes souffrant de post-COVID avec un réglage de la réaction immunitaire. 

Réaction inflammatoire, de quoi s’agit-il ?

Une des hypothèses visant à expliquer la pathophysiologie des symptômes persistants post-COVID est une dérégulation de la réaction inflammatoire avec potentiellement des marqueurs inflammatoires appelés cytokines. Cette hypothèse s'appuie sur le fait que les cytokines sont élevées dans la phase aiguë de la maladie (premiers dix jours) et qu'un état inflammatoire persiste dans la phase post-aiguë (2e à 4e semaine). Cependant, à l'heure actuelle, il n'y a pas de preuve d'état inflammatoire systémique ou de cytokines élevées dans la phase chronique de la maladie (au-delà de 12 semaines). Certaines études montrent des inflammations locales sur biopsie, d’autres études estiment que l’hypométabolisme (ou diminution de l’activité sur imagerie de certaines zones dans le cerveau) peut être dû à une inflammation ou à une réaction immunitaire généralisée. 

Encéphalomyélite myalgique ou Syndrome de fatigue chronique, de quoi s’agit-il ?

Les symptômes post-COVID si persistants sur une période au-delà de 6 mois et après avoir exclu d’autres causes pourraient remplir les critères du syndrome de fatigue chronique et s’intégrer dans cette même pathologie. La différence actuelle étant l’identification du virus déclencheur qui mène aux symptômes persistants, ce qui n’est pas toujours le cas avec le syndrome de fatigue chronique. Ce syndrome est caractérisé par :

  • Une réduction importante de la capacité fonctionnelle durant au moins 6 mois, accompagnée de fatigue souvent profonde qui est nouvelle.
     
  • Un malaise post-effort avec une aggravation des symptômes suite à un effort intellectuel ou physique même léger et qui aurait pu être toléré avant le début des symptômes.
     
  • Un sommeil non-réparateur

En plus s’ajoute au moins un des critères suivants pour le diagnostic de syndrome de fatigue chronique :

  • Troubles cognitifs (de concentration ou tâches exécutives)
     
  • Intolérance orthostatique ou intolérance à maintenir une position debout longtemps.

Ces critères sont basés sur la définition de l’Institut de Médecine.
Si ces symptômes sont présents au moins la moitié du temps, le syndrome de fatigue chronique devrait être recherché avec des échelles spécifiques et un aménagement du quotidien correspondant au respect de la réserve d’énergie quotidienne.

La pathophysiologie sous-jacente du syndrome de fatigue chronique est toujours à l’étude, et le post-COVID avec le nombre de cas et l’identification de la date de début des symptômes corrélant avec la date de l’infection pourrait aider à mieux comprendre ce syndrome.
 
 

Changement dans les parois des vaisseaux sanguins, de quoi s’agit-il ?

Une des hypothèses repose sur une inflammation locale ou une atteinte de la paroi des vaisseaux sanguins. Cette hypothèse est notamment perçue dans les cas d’essoufflement post-hospitalisation où des lésions chroniques peuvent atteindre les poumons ou le cœur suite à une réaction inflammatoire sévère. 

Récepteurs ACE2, de quoi s’agit-il ?

Les récepteurs ACE2 présents dans plusieurs organes du corps semblent être la porte d’entrée du virus Covid-19 dans les cellules. Une invasion directe ou indirecte du virus pourrait être à l’origine de multiples symptômes du post-COVID.

Le MIS-C ou PIMS, de quoi s’agit-il ?

Le MIS-C ou PIMS est un syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant (multisystem inflammatory syndrome in children). Il est associé au COVID-19 et est une entité bien distincte du syndrome post-COVID ou COVID long, par son mécanisme physiopathologique, sa présentation clinique, mais aussi sa prise en charge. 

Il s’agit d’une complication rare du COVID, survenant chez les enfants et les adolescents 3-6 semaines après l’infection. Elle se manifeste par une inflammation très importante pouvant toucher plusieurs organes, et dont l’évolution peut être sévère. Les symptômes du MIS-C (PIMS) sont la fièvre et un mauvais état général. Une éruption cutanée, des douleurs abdominales, des diarrhées et une conjonctivite peuvent aussi être présents. En cas de suspicion de MIS-C, il faut consulter rapidement le pédiatre ou les urgences pédiatriques, qui pourront pratiquer des examens complémentaires si nécessaire.

Histamines, de quoi s’agit-il ?

Une des hypothèses visant à expliquer la pathophysiologie des symptômes persistants du post-COVID est une intolérance à l'histamine ou un taux élevé d'histamines dans le corps. Cette hypothèse se rapproche du diagnostic de syndrome d'activation mastocytaire (MCAS). Ce syndrome bien défini a des critères clairs de diagnostic et doit être discuté avec votre médecin traitant.

Et le traitement en cas de MCAS ?

En cas de syndrome d’activation mastocytaire, une discussion avec votre médecin est nécessaire. Les antihistaminiques sont le traitement de première intention. Un régime faible en histamines est proposé par certains experts de cette pathologie. Un essai thérapeutique de régime alimentaire peut être essayé selon les cas, sans recommandation générale disponible à ce sujet. Il est aussi important d'équilibrer les bénéfices et inconvénients de chaque intervention, certains de ces régimes étant assez limitatifs et vous privant de nutriments essentiels. Ces régimes doivent être suivis en accord avec un professionnel de la santé.

Qu’en est-il des facteurs psychosociaux ?

Il reste important de reconnaître que certains facteurs médicaux et psychosociaux peuvent aussi contribuer à la persistance de symptômes, y compris l’hospitalisation, le manque d’encadrement ou d’accès aux soins. De plus, certains traitements peuvent aggraver des symptômes comme la fatigue ou les troubles du sommeil. Une prise en charge multidisciplinaire est essentielle dans l’encadrement et le suivi des personnes souffrant de symptômes post-COVID.

Fibromyalgie et post-COVID ?  

Les symptômes post-COVID, si persistants sur une période au-delà de 3 mois, et après avoir exclu d’autres causes, pourraient remplir les critères de la fibromyalgie et s’intégrer dans cette même pathologie. La fibromyalgie se manifeste par des douleurs persistantes chez les personnes qui en souffrent.  

Un diagnostic de fibromyalgie doit remplir les trois conditions suivantes : 

  • Symptômes douloureux présents depuis au moins trois mois 
  • Douleur et sévérité des symptômes selon échelles validées et administrées par un professionnel de santé 
  • Toute autre cause responsable des douleurs chroniques ostéoarticulaires doit être exclue. 

La pathophysiologie sous-jacente de la fibromyalgie est toujours à l’étude, et le post-COVID avec le nombre de cas et l’identification de la date de début des symptômes corrélant avec la date de l’infection pourrait aider à mieux comprendre ce syndrome.