Les troubles de concentration sont présents dans 6% des cas de post-COVID (également appelés long Covid ou Covid long) sept à neuf mois après l’infection. Dans les études menées aux HUG, 5% des femmes et 8% des hommes non hospitalisés pour le Covid-19 ont rapporté des troubles de concentration, dont 5% des personnes entre 18 et 39 ans, 7% de celles entre 40 et 59 ans et 5% des 60 ans et plus.

Il s’agit le plus souvent d’oublis mineurs et d’une importante fatigabilité avec des difficultés pour maintenir une attention prolongée ou soutenue. Ces symptômes post-COVID sont handicapants et ont un fort impact chez les patientes et patients, notamment chez les personnes actives professionnellement. En cas d’arrêt de travail prolongé, la réalisation d’un bilan neuropsychologique est proposée afin de mieux caractériser les difficultés.

Ces symptômes, bien qu’incomplètement compris, ne sont pas en lien avec une maladie neurologique progressive entraînant la mort des cellules nerveuses (par exemple maladie d’Alzheimer). L’évolution est progressivement et spontanément favorable. 

Une inspection des symptômes associés doit permettre d’investiguer d’autres troubles neurologiques, la fatigue, ainsi que des symptômes de trouble de stress post-traumatique, de dépression ou d’anxiété qui sont aussi d’importants pourvoyeurs de troubles cognitifs.

Comment tester ? 

A l’heure actuelle, il n’existe aucune preuve scientifique appuyant le besoin d’un bilan biologique sauf si d’autres causes de troubles cognitifs sont recherchées.  

Et le traitement ? 

Un réentraînement cognitif permet aux personnes atteintes de récupérer progressivement leurs fonctions de concentration. Il n’y a pas toujours d’offres de soins pour ce réentraînement mais il peut être réalisé au quotidien avec des tâches progressivement plus intellectuelles tout en respectant les capacités de chacun. Il peut s’agir de payer des factures, lire quelques pages d’un livre, tenir une conversation sur une durée de plus en plus longue, participer à des jeux ludiques qui demandent de la coordination ou de la concentration. En cas de symptômes cognitifs s’inscrivant dans des symptômes de stress post-traumatique, de dépression ou d’anxiété, une prise en charge spécialisée psychiatrique et psychothérapeutique peut également aider à améliorer la récupération. 

Et le travail ? 

Chez les personnes professionnellement actives, la reprise, progressive si besoin, de l’activité intellectuelle permet un réentraînement cognitif. Chez les patientes et patients présentant une fatigabilité importante, le fractionnement du travail et une reprise progressive de l’activité seront proposés.

Privilégier la prise en charge multidisciplinaire.